vendredi 3 septembre 2010
Le vendredi 3 septembre 2010 à 09:37 :: Si je ne rentrais pas
Eddy tiens bon
Si je ne rentrais pas ce soir,
Epave échouée sur le trottoir
Comme un vieil Eddy aqueux !
Dont il ne reste plus que
Quelques désuètes chansons
Qui tournent sans cesse en rond
Sur les poussières des microsillons.
Si je ne rentrais pas ce soir -
Dernière séance, plus rien à voir -
Pleurant lamentablement,
Planté aux milieux des pavés
Cette plainte, ce gémissement :
Faut m'garder et m'emporter...
Mais les épaves restent sur le sable
Illusoire sous les pavés,
Comme un boogie woogie dépassé,
Un lèche botte blues instable
Prisonnier dans tes grolles
Depuis le bon vieux temps du rock'n'roll...
Où lire Sebarjo
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Le vendredi 3 septembre 2010 à 07:51 :: Si je ne rentrais pas
Si je ne rentrais pas au bureau ce matin, si je m’offrais le luxe de tirer la langue à dame routine, me suis-je dit au moment précis où, imposant au store l’obligation de me dévoiler l’humeur du nouveau jour, je découvrais les prémices d’un vendredi superbe.
Les mots d’un article lu quelques jours auparavant vinrent soudainement danser dans ma cervelle encore quelque peu endormie. Il était question de l’impérieuse nécessité d’écouter ses besoins profonds. D’après l’auteur, c’était là clé d’un bien-être intérieur, par conséquent d’une vie meilleure. Ayant à cœur d’appliquer ce que m’avait appris cette lecture, il s’imposait que je me pose la question suivante : alors, ma fille, quel est donc ton besoin profond en ce matin ensoleillé ?
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jeudi 2 septembre 2010
Le jeudi 2 septembre 2010 à 17:52 :: Si je ne rentrais pas
Si je ne rentrais pas…Et pourquoi rentrerais-je ?
Pourquoi suivre les pas des vieux chemins battus ?
Je leur tourne le dos, je m’en vais au manège
De l’aventure au coeur et des espoirs émus.
Je ne rentrerai pas dans la foule râleuse
Qui se presse au métro et regarde sans voir
Qu’il est d’autres destins et que la nébuleuse
Souffrance du matin se répète le soir
Je pars sans un bagage et sans la moindre peine
Je me sens délié des soucis et des pleurs
Je vais dans un pays de liberté sereine
J’ai choisi de mourir sans regrets et sans peur
Et puis vient le matin. L’obscure maison grise
S’anime en un instant et les voisins itou.
Allons, il faut partir ! Mon feutre, ma valise
Le métro sera plein. Je resterai debout…
Où lire Lorraine
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Le jeudi 2 septembre 2010 à 15:34 :: Si je ne rentrais pas
« Si je ne rentrais pas » ....
C’est que mon cœur prend le chemin des larmes
Mon corps, chargé de ‘mots’ (maux), je veux les noyer tous
Mes rayons de soleil se sont disséminés par des nuées lourdes
Et laissent entrevoir un ciel gris
Comme le fardeau est lourd, triste et ennuyeux, mes pas me traînent
Cependant, une mince clarté se fait jour au sein du silence
Des volutes de lumière m’éclairent
Mon regard cherche déjà le chemin de retour
Je rentre ....
Où lire Moni
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Le jeudi 2 septembre 2010 à 09:00 :: Si je ne rentrais pas
& Et si je ne rentrais pas
Le temps d'un été
je m'suis évadé
d'mon pénitencier
d'mon job journalier
d' ma cage d'escalier
en volant
la clef des champs
où me voilà courant
tant et tant
à travers bois et prés
qu'j'en ai le cœur serré
adieu maton
adieu patron
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mercredi 1 septembre 2010
Le mercredi 1 septembre 2010 à 21:35 :: Si je ne rentrais pas
Si je ne rentrais pas dans ce $£ùµ?!£! de pantalon ?
Il a l’air tellement petit. Il n’aurait pas rétréci ? Forcément si !
La preuve, c’est que je rentre encore dans mes robes et tenues légères. Toutes. Enfin presque.
…
D’accord, ce n’est pas la faute à ma machine à laver.
Peut-être que j’ai un peu abusé. Des coupes glacées. Des barbecues. Des apéros…
J’avoue !
J’ai profité des plaisirs de l’été. Mais comment résister ?
Je rentre le ventre et me contorsionne. Raté ! Impossible de fermer ce fichu bouton.
Tout ça c’est à cause des vacances.
Si je ne rentre pas dans mon pantalon, c’est à cause des kilos bonheur.
Hélas, il est temps de rentrer.
Fini l’été.
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Le mercredi 1 septembre 2010 à 21:26 :: Si je ne rentrais pas
Si je ne rentrais pas dans ma robe de mariée ?
Plus que quinze jours, et cette tarte au citron meringué que je viens de manger … Toutes ces tartes au citron meringué que j’ai mangées depuis deux mois que la robe est finie.
Voyons … une fois par jour pendant deux mois … voyons … ça fait … non ! Mais c’est énorme … je dois me tromper, c’est trop !
Il faut que j’enlève les samedis et les dimanches. Comme je travaille pas je passe pas devant la boulangerie aux tartes au citron meringué.
Oui mais, à côté de ça les samedis j’ai mes leçons de conduite. Alors pour me déstresser je prends un éclair au chocolat chez le boulanger à côté de l’auto-école avant la leçon … et un éclair au chocolat pour me remonter le moral après la séance … il faut dire que la conduite … moi … enfin !
Et puis le dimanche maman fait de la tarte aux fraises. Vraiment elle exagère, maman, avec ses fraises congelées. Pas de saison, pas de répit.
Tout ça d’ailleurs c’est la faute de maman. Quelle idée d’avoir fait faire une robe fourreau avec un bustier si étroit que je peux presque pas respirer ? Pour mes seins au moins c’est pas les tartes au citron meringué qui les feront grossir.
… les tartes, non … mais j’aurais jamais dû dire oui à Marcel. Il paraît que l’effet sur les roploplos est presque immédiat … et ça va faire dix jours de retard !
Où lire Arthur Hidden
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Le mercredi 1 septembre 2010 à 17:59 :: Si je ne rentrais pas
Si je ne rentrais pas, se dit la cheville toute renflée d'orgueil, on verrait bien, tout ouvrière que je suis, de quel bois je suis faite. Certes l'assemblage sera mollet, mais on ne dira plus que je ne suis là que pour leur faire une belle jambe. Qu'à cela ne tienne, conclut-elle aussitôt en rigolant de prendre ainsi son pied.
Alphonse allait ajouter qu'elle se révélerait, ce faisant, être le talon d'Achille de la construction quand il vit surgir de l'ombre d'une case voisine les inspecteurs Tenon et Mortaise. Il n'eut pas le temps de compléter le texte de son phylactère: à peine esquissa-t-il l'empattement et le jambage d'une première lettre que déjà les nouveaux venus joignaient leurs efforts pour empêcher les cases et les bulles de se détacher de la planche. "Faut savoir bien se tenir !", lancèrent à l'unisson les deux gardiens de l'ordre et du sens avant de tourner la page.
Où lire Café Byblos
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Le mercredi 1 septembre 2010 à 16:44 :: Si je ne rentrais pas
Si je ne rentrais pas.....Je n’ai pas eu besoin de me poser la question en revenant de vacances. Je ne suis pas rentrée ! En tout cas pas ce soir là à 22 h quand je suis arrivée à mon domicile ! Le verrou de ma porte d’entrée a refusé obstinément de s’ouvrir ! C’est fou comme c’est têtu, un verrou ! Et me voici triste naufragée assise sur les marches de l’escalier, avec cette saleté de minuterie qui résiste à peine à la minute....justement !
Tous les serruriers de la planète sont, soit en vacances, soit bordés dans leur lit par une « embigoudée » quelconque (je suis tellement en rogne que j’imagine qu’elles ont toutes des bigoudis). Et vlan, plus de jus dans mon portable ! « Pas de panique », me dit mon ange gardien. Il me fait rire celui-là, je voudrais bien le voir en rade sur un palier désert.
Juste une question : emportez-vous un matériel de survie quand vous partez en vacances ? A part dans l’Antarctique, bien sûr... Oui ? Non ? Pas moi en tout cas ! J’ai faim et pas même un gâteau sec ! Je descends pour téléphoner depuis un café. Rien, fermé ! C’est normal, « fermé pour cause de vacances », il ouvre.....demain. Ah ! Bon, ça va, alors ! A l’hôtel donc, à quelques mètres de chez moi. Très dépaysant ! C’est pas beau la vie ?
Cette histoire est authentique, un peu arrangée sans plus, quand j’ai lu la consigne cela m’a bien fait rire En ce qui concerne « embigoudée », le correcteur d’orthographe a eu la nausée....
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mardi 31 août 2010
Le mardi 31 août 2010 à 23:32 :: Si je ne rentrais pas
Si je ne rentrais pas cet après-midi, combien cela prendrait-il de minutes avant que tu ne te poses des questions? Si je me laissais avaler par les fauteuils de cette salle de cinéma encore quelques heures, si les scénarios s’emmêlaient en une seule histoire, somme de toutes les autres? Si je devenais personnage secondaire de l’une d’elles, me reconnaitrais-tu sur le grand écran? M’y chercherais-tu seulement?
Si je ne rentrais pas ce soir, combien d’allers-retours entre le réfrigérateur et la porte d’entrée complèterais-tu avant de te mettre à gronder intérieurement? Si je passais de l’obscurité de la salle climatisée à la moiteur de cette soirée d’été pour m’y fondre, pièce défaufilée de cette courtepointe multicolore qu’est la ville? Si, sur un coup de tête, j’entrais dans un bar miteux et me laissais courtiser par un bellâtre revenu de tout, me frapperais-tu, moi, ou le provoquerais-tu, lui? Mais personne à part toi n’a le droit de poser un regard sur mon corps vaguement flétri, sur lequel se lisent trois grossesses, une opération et la lassitude du temps qui s’effiloche mollement, n’est-ce pas?
Si je ne rentrais pas cette nuit, qui appellerais-tu? Les copains que tu traines comme des boulets depuis le collège, mes rares amis dont tu ignores tout, les policiers? Si je raccourcissais ma robe sage, vissais sur mes cheveux gris une perruque flamboyante, ourlais d’un épais trait de rimmel mes cils, me reconnaîtrais-tu coin Sainte-Catherine et Saint-Laurent, au milieu des autres chairs offertes? Oserais-tu la remarque salace ou te rabattrais-tu sur l’œillade trop appuyée? Me dirais-tu avec un soupçon de dégoût de remballer la marchandise, ajouterais-tu que ma date de péremption est depuis longtemps dépassée?
Si je ne rentrais pas demain, penserais-tu une seule seconde que ce serait pour te fuir ou susciterais-tu plutôt des visions d’un bête accident qui m’aurait fauchée, un lit d’hôpital aux draps blancs sur lesquels trancheraient les jaunes et les mauves de mes hématomes? Oserais-tu faire le tour de notre radeau de fortune, sur lequel j’ai l’impression de naviguer en solitaire, à contre-courant, depuis tant d’années maintenant? Imaginerais-tu un unique instant que je préférerais me noyer plutôt que de continuer à sentir ta présence à mes côtés?
Si je ne rentrais pas, aurais-je le courage de me rebâtir à partir de rien? Combien de temps cela prendrait-il pour dissimuler les cicatrices, oublier ton haleine fétide chargée d’alcool, ton regard de chien battu, tes mains qui hérissent la moindre parcelle de mon épiderme?
Et si je ne rentrais pas…
Le carnet d'Ondine...
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Le mardi 31 août 2010 à 22:12 :: Si je ne rentrais pas
Sur les ailes du vent.
Si je ne rentrais pas, je resterai là, entre ciel et terre dans ce voyage qui a commencé ainsi.
Un pré, quelque part dans la Dombes.
D’abord, la calme agitation de la préparation. On croise les regards de certains qui nous accompagnent, peut-être vaguement inquiets. On observe les gestes précis de la mise en place et des indispensables vérifications. On aide maladroitement, mais content de le faire.
Le ballon se met à vivre, se soulève en respirations amples, puis il est là, oscillant vertical, à la fois majestueux et déjà familier.
La nacelle d’osier où l’on monte. A mes cotés une jeune fille pâle, blonde. Une robe blanche longue et un châle aux épaules. Son regard clair se perd un instant dans le mien. Je frissonne un peu.
Enfin c’est l’envol rapide, étonnant, grisant.
Alors, le temps se suspend.
Des écharpes de brume courent à fleur des étangs.
Le soleil a jailli pour éclabousser un clocher aiguisé qui soudain apparaît.
Le silence bleu pâle.
Seul le souffle intermittent des brûleurs rythme le voyage.
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Le mardi 31 août 2010 à 22:04 :: Si je ne rentrais pas
Si je ne rentrais pas ?
Qui s’en apercevrait ? Voilà plusieurs jours que Geneviève, la petite hirondelle de l’année se posait cette question. Elle avait entendu parler du grand voyage, celui qui dure deux semaines et qui passe au-dessus de l’Espagne et franchement, elle n’avait pas très très envie de se taper toutes ces heures de vol pour aller passer l’hiver au Maroc voire plus bas. Je n’ai rien contre le pays, mais je n’ai rien pour non plus, je ne le connais pas disait-elle à qui voulait l’écouter. Je n’ai rien à faire de voyager, je suis née là. Pourquoi ficher le camp si loin alors qu’ici, j’ai tout. Le nid est déjà fait, les gens ne nous jettent pas de pierres, ils sont contents de nous avoir qu’est-ce qu’on a besoin d’aller s’emmerder à traverser deux pays entiers juste pour passer l’hiver. Ici, dans la grange il fait bon, il y a du chauffage, de la lumière, je suppose que les vaches vont s’y installer, il suffira de bouffer les quelques mouches qui vont trainer et hop, le tour sera joué.
Qui s’en apercevra si je reste là ? Hein, qui, je vous le demande. Qui se soucie encore de nous ? Cette position quasiment révolutionnaire était loin de faire l’unanimité et ça gazouillait fort sur les fils électriques.
Mais ça ne suffit pas à la faire flancher. Sa décision était prise, elle ne partirait pas. Elle ne rentrerait pas passer l’hiver de l’autre côté de la mer. Comme c’était une sacrée fichue têtue, on pouvait compter sur elle pour s’y tenir.
Elle s’y tint.
Qui s’en est aperçu ? Personne.
Une hirondelle en Novembre dans le ciel de France et personne ne s’en rend compte. Le monde allait mal, très mal, vraiment.
Où lire Chri
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Le mardi 31 août 2010 à 22:01 :: Si je ne rentrais pas
Si je ne rentrais pas,
Si je restais à tes côtés, my babe
Si nous passions ensemble encore un petit moment
Si je contemplais à l'infini
ton regard audacieux
ta silhouette féline
Si mes mains parcouraient, effleuraient
tes courbes pures et le galbe émouvant de tes rondeurs...
...dynamiques
Si nous vivions encore ensemble une folle épopée
au petit matin brumeux,
tous les deux, loin du monde
Si j'étais allongé au creux de toi, encore une fois
des vibrations sensuelles nous uniraient,
my babe, mon BB, mon beau bolide....
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Le mardi 31 août 2010 à 20:49 :: Si je ne rentrais pas
Si je ne rentrais pas mon univers deviendrait tout à coup bleu, rose, rouge, vert, jaune,
brillant et pétant comme un feu d'artifice ! A moi les matinées au lit et les nuits
blanches ! Peu m'importerait alors l'Amante de Céphale !
Peu m'importerait aussi :
- l'homme aux cravates vertes,
- la demoiselle aux trois cheveux (elle en a seulement 3)
- celui qui est persuadé que la fin du monde est pourdemainvousverrez
- la révolutionnaire montée sur ressorts
- celle qui porte des pyjamas en plein jour
- celle qui a un appétit insatiable pour tout ce qui porte pantalons,
- celui qui court tout le temps
- la déprimée chronique
- la musaraigne
- le Petit Chose et son chewing-gum
- le grand JI et ses mèches rebelles
- la gravure de mode
- toute la volaille piaillant dans la basse-cour
Peu m'importerait... mais...
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Le mardi 31 août 2010 à 13:45 :: Si je ne rentrais pas
Si je ne rentrais pas,
Je ne reverrais pas tes yeux verts,
Je ne retrouverais pas la fossette de ton menton,
Je n’embrasserais plus le bas de tes reins,
Je ne dormirais plus dans tes bras.
Si je ne rentrais pas,
Je ne couperais pas les lavandes,
Je ne ferais pas les vendanges,
Je ne cueillerais pas les olives,
Je ne couperais pas le bois.
Si je ne rentrais pas,
Je ne lirais pas « La naissance d’un pont »,
Je n’écouterais pas le dernier Zazie, Za7ie,
Je n’irais pas voir Jean-Michel Piton,
Je ne regarderais pas le dernier Corneau.
Si je ne rentrais pas,
Les raisons
Peut-être que j’aurais perdu mes clés,
Peut-être qu’il ferait plus beau là-bas,
Peut-être que j’aurais perdu la mémoire,
Peut-être que je serais mort.
Où lire 32 Octobre
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Le mardi 31 août 2010 à 12:23 :: Si je ne rentrais pas
Si je ne rentrais pas
Il sera perdu sans moi
Jour et nuit à son service
Esclave de ses vices
Nuit et jour sous son emprise
Esclave et soumise
Rien ne l'a arrêté
Encore et toujours
Nul ne l'a stoppé
Troubles actes d'amour
Ricochets de douleur
Abandon de toute dignité
Instruments de la peur
Supplications ravalées
Pas à pas je m'éloigne de lui
Avec fierté je souris
Seul, il se suicidera, pardi !
Où lire Livvy
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Le mardi 31 août 2010 à 12:17 :: Si je ne rentrais pas
- Si je ne rentrais pas, me lança-t-il en s’arrêtant net, si on laissait tomber ?
- Ne dis pas de bêtises, lançai-je dans un souffle.
Je fis une grande enjambée, l’immense porte vitrée de l’immeuble s’ouvrit devant nous. D’un geste ample et gracieux je l’invitai à entrer. Il s’était figé sur place :
- Non sérieux, je crois que je ferais mieux de ne pas y aller.
- T’es fou, on est venu exprès !
- Oui mais je ne peux pas.
- Attends, tu te moques de moi, là ! Tu veux dire que tout ce qu’on a fait depuis six mois, les CV, les lettres de motivation, les suivis téléphoniques, les préparations à l’entretien, tout ça c’était pour que monsieur cale au moment de rencontrer le Directeur des Ressources Humaines ?
- Je n’y peux rien. Quand je vois tout ça, le hall en marbre, les vingt-sept étages, la réceptionniste amidonnée derrière son comptoir, les plantes vertes, j’ai mal au cœur. Je ne veux pas y aller.
Je le regardai dans les yeux :
- Tu m’avais promis, suppliai-je.
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Le mardi 31 août 2010 à 10:53 :: Si je ne rentrais pas
Si je ne rentrais pas, je partirais pour un pays lointain.
Si je ne rentrais pas, je partirais loin.
J'ai souvent eu cette pensée
Mais je n'ai jamais osé.
Pourtant l'inconnu m'attire, me séduit
Il m'appelle souvent la nuit
Je me vois partir ailleurs
A la recherche d'un monde meilleur
Mais avec les années
J'ai arrêté de rêver
Je crois que ça n'existe pas, malheureusement
Alors, je me suis fabriqué mon paradis
Il n'est qu'à moi, heureusement
Et là, je peux être ce que je suis.
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Le mardi 31 août 2010 à 07:14 :: Si je ne rentrais pas
Si je ne rentrais pas ce soir dans mes pénates
Qui brosserait le poil à la petite chatte?
Si je ne rentrais pas saoûl comme un polonais
j'aurais plus de liquide à mon porte-monnaie
Si je ne rentrais pas bredouille de la chasse
j'aurais l'estomac plein et non dans les godasses
Si je ne rentrais pas dans le moule à couillons
je serais érudit et même écrivaillon
Si je ne rentrais pas dans le lard à Marcel
je serais dégonflé ou pis, un demi-sel
Si je ne rentrais pas le cou dans les épaules
j'aurais de mon aura ébréché la coupole
Si je ne rentrais pas dans ce rôle grimé
j'aurais de Cyrano le tarin comprimé
Si je ne rentrais pas dans le rang des soumis
je serais dissident anti-lobotomie
Si je ne rentrais pas dans mes frais et débours
chez "ma tante" j'irais me pendre haut et court
Où lire Vegas sur Sarthe
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lundi 30 août 2010
Le lundi 30 août 2010 à 22:12 :: Si je ne rentrais pas
Si je ne rentrais pas se disait-elle encore…
Buzzy était si mignonne avec ses toutes petites ailes, mais hélas, celles-ci manquaient vraiment de puissance.
Lors de son premier vol, avec les autres butineuses et le chef d’escouade, ils s’étaient bien fichus d’elle parce que, par deux fois, elle s’était retrouvée pattes en l’air sur le sol et dans l’eau : Lui avait été attribué, alors, le sobriquet de Vole-terre et Ruisseau.
Elle en avait conçu bien des rancœurs envers sa ruche et depuis que ce nom ridicule la poursuivait, elle se posait des questions parfaitement saugrenues pour une abeille :
Pourquoi, seule, la reine a le droit de copuler ?
Et pourquoi la reine ne fiche rien à part pondre gentiment et se gaver du meilleur de leur produit ?
Et pourquoi Les ouvrières se tapaient tout le boulot ?
Et pourquoi ne pouvait-on pas progresser socialement ?
Buzzy voletait depuis un bon moment sur cette foutue lavande, elle avait des envies de pins ou d’acacias. Et pourquoi pas de persil ou de résédas, hein ?
Si je ne rentrais pas ? Hein ? Si j’allais voir là-bas, au bout de ce ruisseau ?
Elle se posait encore la question lorsqu’un crapaud la goba.
Elle volait bien trop bas, c’est la faute à Vole-terre.
Bouffée par un crapaud, c’est la faute à Ruisseau.
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Le lundi 30 août 2010 à 18:55 :: Si je ne rentrais pas
« Si je ne rentrais pas, souviens-toi que je t’ai aimée de toutes mes forces, de toute mon âme ».
C’est ainsi que commençait sa lettre, la dernière : quelques lignes, écrites sur un beau papier filigrané, à l’encre violette.
Quand l’absence se faisait trop lourde, je la relisais ; elle distillait en moi un apaisement qui ressemblait à l’oubli.
Puis les années ont passé, les traits de son visage se sont estompés, le son de sa voix s’est évanoui, l’encre a pâli…
Mais les mots semés jadis en mon cœur ont germé puis fleuri, se sont enracinés solidement. Et cet amour qui m’a nourrie, désaltérée, c’est à vous que je l’offre aujourd’hui, vous tous qui souffrez de solitude et de manque ; vous que je ne connais pas, mais qui m’êtes si chers, cependant…
Où lire Danalyia
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Le lundi 30 août 2010 à 18:47 :: Si je ne rentrais pas
Si je ne rentrais pas dans le lard de ce type, pour voir ? Après tout, son compliment était peut-être sincère, qui sait ? Je ne suis plus tout à fait de première fraîcheur, mais ce n’est pas un gamin non plus et je lui plais peut-être vraiment. Si ça se trouve… Il n’est pas canon canon, mais c’est pas un thon non plus et bon, soyons honnêtes, à mon âge, hein, il n’est peut-être plus temps de faire tellement la difficile, mais… oui, bon : vu où se trouve déjà ma main, là… soit je passe pour une grosse chaudasse et après, faut assumer, soit… oui, bon, allez : pas de raison qu’il soit si différent des autres, hein, autant aller au bout et lui broyer les noix pour lui passer le goût de la flagornerie.
Où lire Poupoune
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Le lundi 30 août 2010 à 18:07 :: Si je ne rentrais pas
Si je ne rentrais pas ?
Si je ne rentrais pas ? Chaque année la même question, chaque année la même réponse, le même manège désenchanté, le même fiasco. Evidemment elle était libre de ne pas rentrer. Il suffisait de prendre un billet de train au hasard et hop, le tour était joué.
Désespérée, elle prit une carte de France et un crayon, ferma les yeux, tourna la carte dans tous les sens et son crayon fit un gribouillis nerveux. Quand elle rouvrit les yeux elle se rendit compte que le crayon avait désigné une région oubliée des Français eux-mêmes ! Qu’est-ce qu’elle irait s’enterrer là-bas ? Et toute seule en plus ? Avec pour tout bagage une valise qui ne contenait que des affaires d’été ! Elle se rendit compte que ses rêves d’aventurière de la Non-rentrée avaient de sévères limites : elle-même ! Soudain la voix de son mari résonna dans la maison pimpante du bord de mer :
- Chérie, qu’est-ce qu’on mange ce soir ?
Elle répondit morose :
- J’en sais rien ! Puis elle ajouta plus bas, et je m’en fous complètement !
C’est à ce moment-là, précisément, que tout bascula. Pourtant, elle ne visita jamais le point gribouillé sur la carte.
Vous souhaiteriez sans doute savoir, lecteurs, où elle est aujourd’hui ? Mais comment le saurais-je ? Elle ne m’a rien dit. Je sais simplement qu’en cette fin d’après-midi-là quelqu’un la vit disparaître dans la mer avec une valise à la main et ce fut la dernière fois où on l’aperçut. De mauvaises langues racontent qu’elle s’est suicidée mais je ne le pense pas. Ce n’était pas son genre. Je crois plutôt qu’elle a longtemps nagé pour chercher d’autres ports, des îles heureuses où les femmes caressent des hommes qui n’existent pas dans leurs bras transparents qui ne saisissent rien...
Où lire GBalland
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Le lundi 30 août 2010 à 18:02 :: Si je ne rentrais pas
« Si je ne rentrais pas » se dit-elle
Elle regardait cette maison qu’elle aimait tant,
Cette campagne merveilleuse
Ce soleil si souvent présent…
Pourquoi retrouver la grisaille,
La tristesse de sa grande ville,
Ce rythme infernal, cette violence,
Ce stress omniprésent….
Pourquoi ne pas imaginer une nouvelle vie, qui donnerait un nouveau souffle à la sienne, à la leur…
Les enfants sont grands, ils volent de leurs propres ailes et puis ce n’est pas le bout du monde …
Son regard, sous le soleil rose se couchant, dans la fraîcheur enfin tombée en ce soir d’été, se tourne vers le sien..
« Toi aussi tu y penses ? » lui dit il !!!!
Où lire Manoudanslaforet
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Le lundi 30 août 2010 à 17:59 :: Si je ne rentrais pas
Si je ne rentrais pas, qui m’en voudrait ? Elle me voulait dans sa vie comme porte bonheur. Protégé, entouré, pieds et poings liés, je dirais… J’ai partagé une partie de ses vacances et n’ai pas beaucoup dormi, secoué comme un polichinelle dans les trains poussifs de montagne. D’accord, elle est attentionnée mais je n’aime pas son sourire moqueur quand elle me regarde. Elle me dit qu’elle a trouvé une place de choix dans sa maison. Je crains le pire. Je regarde tristement défiler les paysages de ma jeunesse, les drapeaux de mon pays flottent à la frontière. Ils vont peut-être me refouler… l’espoir me rend de l’énergie quand ils fouillent son sac à dos, je veux crier mais on ne m’entend pas dans le brouhaha des camions qui fument et dans le flot des voitures qui klaxonnent. Mon sort est scellé. Je fais désormais partie de ses bagages. Moi, le souvenir de voyage, le gnome en costume traditionnel, créé par des mains grossières et artisanales.
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Le lundi 30 août 2010 à 17:54 :: Si je ne rentrais pas
TOQUE, TOQUE, TOQUE !
- Si je ne rentrais pas dans la case prévue,
Crois-tu qu’ils m’enverraient chez les voleurs de poules,
Au goulag Baïkal ou aux volcans d’Auvergne,
Là où sont déportés les superfêtatoires ?
- T’inquiète pas, Zézette !
Ta nationalité, tu l’as épousée sous X !
- Si je ne rentrais pas, arrose bien ma femme
Et surveille les plantes ! » dit Ulysse à son chien.
A cette idée du non-retour,
Après dix années, de son maître,
Argos balise.
- Si je ne rentrais pas dans vos ordres, marquise,
M’autoriseriez-vous à jouer du désir ?
- Si je ne rentrais pas du charbon pour l’hiver
Comment chaufferait-on la mine de Presque-rien ?
- Si je ne rentrais pas au bercail cette nuit
Seguin deviendrait-il, d’angoisse folle, chèvre ?
- Si je ne rentrais plus dans mon string cet été,
Demande l’éléphante à sa meilleure copine,
Me le rachèterais-tu ?
Et si l’ami Bidasse ne rentrait pas des classes,
Qui dirait à Krapov, de guerre plus ou moins lasse,
Que son conditionnel, à la fin, nous Arras ?
- Toque, toque, toque ! »
- Rentrez, c’est tRouvère ! »
Répondit
Verdi.
Où lire Joe Krapov
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Le lundi 30 août 2010 à 11:34 :: Si je ne rentrais pas
SOLITUDE ORDINAIRE
Si je ne rentrais pas, qui s’en apercevrait ? Le chat ? Il s’en consolerait bien vite en allant manger dans une autre gamelle. Le couple de merles à qui je fais don de mes pommes blettes ? Ils sont bien trop occupés avec leurs vers de terre. Le voisin ? Certainement pas. A peine s’il me voit lorsque je passe devant chez lui, cahin-caha. Le facteur peut-être ? Combien de temps se passerait-il jusqu’à ce que ma boîte déborde ?
Qui prêterait attention à quelques géraniums défraîchis, à des volets immobiles, à une fenêtre à laquelle n’apparaîtrait plus la petite vieille ?
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Le lundi 30 août 2010 à 10:16 :: Si je ne rentrais pas
« Si je ne rentrais pas ?
- Mais tu as complètement perdu la tête, ma fille », cria la tortue.
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Le lundi 30 août 2010 à 07:41 :: Si je ne rentrais pas
Si je ne rentrais pas, l’idée m’étant soudainement venue de suivre l’estive des nuages, désormais seulement occupé à mâcher des tiges et à décaillouter mes chaussures, j’espérerais que le vent ait plutôt le goût des steppes que celui du grand large : voyez-vous, je suis un gars de la terre. Et sans vouloir être trop exigeant, j’aurais autant préféré éviter les agglomérations ; tant qu’à filer, les ornières ont la vraie silhouette de la contrebande. Ces détours impliqueraient bien sûr que les nuages soient patients et s’accordent à mon pas ; alors ne connaissant pas leurs traits de caractère, prudent, j’en aurais encordé un ; tandis que je marcherais capricieux au loin des faubourgs, lui pourrait toujours filer à sa convenance, droit. Cette même corde faciliterait pendulaire le franchissement des fleuves, le bercement d’un hamac et les flâneries sans qu’on s’égare ; y accrochant même mon barda, ce serait un moyen, mains dans les poches, de marcher guilleret jusqu’au bout de l’estive, Samarcande, Tibet ou Kamtchatka, quand la corde voudrait bien retomber du ciel trop bleu, trop épuisé.
Où lire Quebre
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Le lundi 30 août 2010 à 07:00 :: Si je ne rentrais pas
Si je ne rentrais pas
Je m’enfuirais sans un regard
Marchant au hasard
De mes pas
Les pas ou les si peu
Encombrent de gravats
Les miettes de pensées
Que je jette au feu
Tout au fond du cabas
J’ai dispersé les années
Les nuages de la rentrée
Sont bel et bien là
Si je ne rentrais pas
Je ne me heurterais plus
Au stress de tous ceux
Qui n’en peuvent plus
D’attendre un mieux
Sans vraiment chercher
A le développer
Dans leurs propres yeux
Où lire Tisseuse
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Le lundi 30 août 2010 à 00:00 :: Lancement de thème
Nous sommes ravis de sortir le site de sa torpeur aoûtienne, et de reprendre nos propositions hebdomadaires de jeux d'écriture !
Comme vous le savez tous, c'est la semaine de la rentrée, aussi bien scolaire que littéraire en ce qui concerne les Impromptus !
Nous avons donc souhaité vous proposer de prendre le contre-pied de cette incontournable "rentrée", avec cette idée qui vous a peut-être effleuré un jour "et si je ne rentrais pas ?"... prendriez-vous alors la clef des champs ?
Vous êtes invités à écrire un texte, en prose ou en vers, qui démarre obligatoirement par ces mots "Si je ne rentrais pas", quel que soit le sujet abordé ensuite.
Bien entendu vos textes doivent nous parvenir avant dimanche 5 septembre à l'adresse habituelle.
Bonne semaine et bonne rentrée à tous !
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dimanche 1 août 2010
Le dimanche 1 août 2010 à 23:59 :: Le corps de l'écrivain
Le corps de l'écrivain
Est le lit du désir
Couleur trouble du temps
Oubli du lieu du temps
Regard creux l'écrivain
Parchemin du désir
Soupir, crampe, désir
Doigts noués par le temps
Écorce d'écrivain
L'écrivain a un corps
Exsangue à force mots
Couleur pâle du cœur
Rongé ce pauvre cœur
Irrigue mal son corps
Veines noircies de mots
Aie crainte que ces mots
Ivresse étrange au cœur
N'épuisent tout son corps
Où lire Agaagla
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Le dimanche 1 août 2010 à 23:58 :: Le corps de l'écrivain
Elle savait, elle, depuis longtemps que son corps filtrait le matériau de l'écriture. Elle n'avait pas attendu la grande Marguerite pour comprendre que son inspiration traversait son corps tout entier.
Il y avait d'abord l'émotion qui l'envahissait. Elle avait appris à la repérer, à l'identifier. Le motif était moins important que la façon dont cette émotion allait revenir, sollicitée, à de multiples reprises par sa mémoire. Elle savait que dans la journée ou la nuit cette émotion allait l'envahir comme une vague, la saisir tout entière et que son cerveau allait, l'analyser, l'apprivoiser en quelque sorte, l'amener à la pleine conscience.
Il faudrait alors laisser passer le temps, juste le temps nécessaire à son corps pour filtrer cette émotion, la faire mûrir, l'expurger de ses scories, trouver les mots adéquats, tisser les phrases entre elles. Filtrer oui, comme on laisse un bon vin se décanter afin de pouvoir un jour en admirer la robe rubis translucide, en humer les arômes de fruits rouges et de noisettes.
Un jour viendrait, où le texte serait prêt en elle, après une gestation plus ou moins longue, plus ou moins douloureuse. Elle savait alors que les mots surgis seraient forts et transparents, qu'ils iraient à l'essentiel, surgiraient du plus profond, de bas en haut dans le mouvement de la vie, marqués au fer rouge pour être lumière.
Où lire El Duende
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Le dimanche 1 août 2010 à 19:00 :: Le corps de l'écrivain
Quand elle ouvrit la porte, le commissaire trouva qu’elle faisait jeune pour son âge... D’ailleurs, qu’elle âge pouvait-elle bien avoir ?
Elle était belle, pas très grande, tirant dans le châtain clair limite blond, un sourire espiègle et des yeux bleus perçants, un décolleté prometteur attirant le regard masculin et un 501 serré sur un cul rebondi achevait le tableau. Quel dommage que tout cela aille se perdre, au fin fond d’une geôle pensa-t-il !
La pièce était immense, les murs tapissés de pages de livre. Peu de meubles si ce n’est un canapé et une table basse recouverte de bouquin. Au sol une moquette blanche à longs poils, qui aurait dû être immaculé si ce n’était les taches rouges à côté du corps de l’écrivain. Il avait peu saigné, mais suffisamment pour donner un petit coté morbide à la scène !
-C’est moi qui l’ai tué, déclara-t-elle, avec le chandelier, dans ce salon... juste un coup bien sec, là, sur la nuque.
Elle montra bien l’endroit et l’arme par destination, comme ils disent dans leur rapport.
Le commissaire trouvait que l’ex-scribouillard n’avait pas de chance ! Être reconnus comme un des meilleurs dans le monde du polar, le spécialiste des intrigues à rebondissement, aux multiples suspects, pas moins de 300 pages pour enfin confondre le coupable, et paf, quand c’est son tour d’y passer, cinq minutes montre en main, c’est bouclé, et un rapport qui, si la paperasserie ne s’y mêlait pas, ferait à peine 3 pages.
Il regardait le macchabée. Ni beau, ni moche, juste le commun des mortels que l’on croise à la boulangerie du coin. Il songea qu’il faudra changer la moquette, le sang, cela ne part pas !
-Et pourquoi l’avez-vous tué ?
-Il me trompait, toutes les nuits, avec ses héroïnes, ses chimères de papier, il n’y avait plus dans ses rêves que de la place pour elles, cela fait bien longtemps qu’il ne me voyait plus les yeux fermés...
Mouais, ben ce n’est pas avec des enquêtes de ce genre que je vais devenir un héros de papier se dit-il en faisant signe aux deux policiers en uniforme d’emmener madame...
Il ne regrettait qu’une chose, c’est que l’écrivain n’était plus en état de lui dédicacer son dernier «Série noire» ...
Où lire Gilsoub
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samedi 31 juillet 2010
Le samedi 31 juillet 2010 à 18:12 :: Le corps de l'écrivain
L’été s’éternisait en stridences de cigales et vibrations de chaleur propices aux mirages. Derrière les persiennes du vieux mas du Luberon qu’il gardait en l’absence de sa propriétaire, Simon, assis nu devant son ordinateur, à côté du ventilateur poussif, persistait à écrire un peu chaque jour, histoire de se plier aux vieux adages ; mais c’était la nuit, surtout, qu’il se relevait d’un sommeil agité et de combats farouches avec des hordes de moustiques cannibales, pour saisir le fil d’histoires nouvelles et tenter de les raconter tant bien que mal afin de calmer l’impatience de son éditeur.
« La nuit n’est jamais complète », se plaisait-il à répéter à l’heure du pastis au comptoir du bar du village, « sans ce travail d’écriture nourri par les rêves ». On acquiesçait avec bonne humeur puis on parlait d’autre chose. Ensuite Simon rentrait à pied, un peu éméché, massacrant de vieux airs des Doors.
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Le samedi 31 juillet 2010 à 17:55 :: Le corps de l'écrivain
Le vieillard était recroquevillé sur le tapis, extrêmement mort, avec une expression d’horreur, mêlée d’angoisse sur le visage.
─ Ca m’a tout l’air d’un suicide, commissaire.
─ Je n’en suis pas sûr. Plus on avance dans la vie, plus on est mortel, inspecteur. Avez-vous bien relevé les empreintes ?
─ Le bureau était fermé de l’intérieur et les fenêtres également.
Le commissaire haussa les épaules. Son nouvel adjoint le désespérait. Depuis quand pouvait-on fermer une fenêtre de l’extérieur ?
─ Regardez plutôt cette feuille sur le bureau. Elle donne certainement les explications de son geste.
─ La feuille est blanche, commissaire.
─ C’est bien ce que je pensais. La vengeance d’un personnage de roman. Reste à trouver l’arme du crime.
─ La voici, commissaire, dit l’inspecteur en lui tendant un stylo à pompe.
Le carnet où lire Oncle Dan
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vendredi 30 juillet 2010
Le vendredi 30 juillet 2010 à 18:12 :: Le corps de l'écrivain
Vengeance.
Il était là, ce pauvre André, tel un pantin désarticulé. Ils avaient enfin eu sa peau. Autour du corps inerte dansaient, Julien Sorel, Anna Karénine, Sophie, Pinnochio, Gervaise, Etienne, le général.....
Ils dansaient, riaient, tournoyaient en une folle farandole. Cela faisait longtemps, qu’ils complotaient sur l'étagère où ils étaient classés en ordre alphabétique. Déjà qu'ils leur avaient fallu supporter les caprices de l'écrivain.
-Comment vais-je le terminer ce livre? Va-t-il vivre ou mourir?
Ils en avaient plus qu'assez d'être prisonniers des livres. Facile pour André. Il n'avait qu'à ouvrir un livre pour se distraire, et le refermer quand il en avait assez.
-Je continuerai mon chapitre demain, pensait-il. Et Julien Sorel, fou d’amour, attendait, attendait.....ainsi que tous les autres.
Et maintenant il voulait à nouveau créer des personnages, sans même leur demander s’ils étaient d’accord de naître. C’en était trop. Assez de malheureux qui dormaient dans les bibliothèques..
Dans un premier temps, ils décidèrent d’échanger leur rôle à l'occasion. Mais ils se prient vite au jeu et de plus en plus souvent. Après bien des lectures, André, fini par tout mélanger. Commença alors, les premiers doutes. Il consulta un médecin. Diagnostique : Alzheimer.
Arriva alors, Lancelot du Lac, monté sur Jolly Jumper, tel le preux chevalier qu’il était, enleva Dulcinée, le sourire aux lèvres. Il avait enfin réussi sa quête. Il pouvait maintenant se reposer. Mais qu’advint-il de tous les autres, ceux dont les auteurs avaient mis fin à leur vie?
Qui sait, un jour quand je serai bien vieille et que je commencerai à perdre la raison, aurai-je la réponse.
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Le vendredi 30 juillet 2010 à 17:06 :: Le corps de l'écrivain
Seule une faible lueur parvient à se glisser à travers les barreaux par la minuscule fenêtre dans ce trou. Une paillasse humide, une couverture mitée, un vieux seau en plastique et une chaise branlante, voilà ce que j’ai dans ma cellule. Les mots m’ont conduit ici. Oser écrire la vérité sur mon pays, sur sa politique et la corruption ne m’a valu que des ennuis. Mon premier livre a causé de grands effrois dans les sphères dirigeantes. On me l’a fait comprendre. Roué de coups par des soldats, j’entends encore le bruit cinglant du fouet sur mon dos. J’ai serré les dents, les soldats ont juste rigolé, satisfaits de leur travail. Ma femme m’a soigné et m’a supplié de me taire. Jamais ! De mon vivant, je dirai ce que mes yeux voient. Ma langue ne dit jamais un mot, ce sont mes mains qui parlent, qui décrivent l’envers du décor. J’ai quitté ma femme pour sa sécurité, je me suis enfui loin de chez moi pour crier au monde ce qu’il ne sait pas. Pendant des mois, je me suis caché. Ecrivant le jour et la nuit comme envahi d’une fièvre jusqu’ à m’écrouler de fatigue. Mon corps tremblait et j’exultais ma rage par les mots aussi durs et cruels soient ils. Un voisin a été alléché par le prix de la dénonciation. Mon nom contre de la nourriture pour sa famille affamée. Quand les soldats m’ont arrêté, il a détourné son regard du mien. Eméchés, titubant sous l’effet de l’alcool, deux des soldats m’ont brulé les mains avec leurs mégots de cigarettes et cassé les doigts.
-Regarde tes mains, elles ne pourront plus jamais te servir pour cracher sur notre gouvernement !
Jeté comme un chien dans ma cellule, je subis depuis des humiliations de la part des gardes. Mes mains portent les stigmates d’avoir voulu lever le voile sur l’obscur. Mon corps est devenu l’ombre d’un vieillard qui s’allonge sur le sol pour lécher une gamelle. . Mais, je crois encore en la force des mots, c’est ce qui m’empêche jour après jour de sombrer dans la folie.
Où lire Clara Brest
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Le vendredi 30 juillet 2010 à 10:23 :: Le corps de l'écrivain
La crypte avait été découverte par hasard. A l’occasion de travaux de confortement du bâtiment, l’équipe en charge des sondages de sol et des reconnaissances de l’état de l’ouvrage avait détecté un vide important derrière ce qui aurait du être un épais mur de pierre.
Dès lors, une frénésie encore inexpliquée s’était emparée des lieux et en quelques jours, archéologues et historiens de renom avaient débarqué pour inspecter les lieux, flairant la découverte du siècle.
Il est vrai qu’une telle découverte dans un bâtiment vieux de près d’un millénaire et épargné des travaux, destructions et autres dommages pendant des siècles avait de quoi attiser les curiosités.
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Le vendredi 30 juillet 2010 à 09:06 :: Le corps de l'écrivain
« Tenez, ceci est mon corps, couché sur du papier pour vous », tel était l’épitaphe voulu par Monsieur G., bien connu de son vivant pour ses frasques plus que pour ses vers, vite oublié par le gotha local. Il avait envoyé à son éditeur un roman témoignage, quelques jours avant que son cancer ne le ronge définitivement.
Que faire d’un roman écrit avec du sang, alors que les lecteurs habituels des éditions Voici étaient plus habitués à regarder les photos qu’à lire les chroniques voisines ?
Il y avouait ce que tous savaient, qu’il avait sacrifié ses prétentions littéraires à la presse quotidienne, plus éphémère mais au quotidien plus rentable. Son envie d’être aimé, reconnu avait dilué son talent à le rendre édulcoré, la recherche du jeu de mots ayant pris le dessus sur ses allitérations poétiques…Il se croyait crucifié sur l’autel du talent, quand son seul péché avait été d’écouter les sirènes médiatiques.
Son corps s’était peu à peu transformé, ce corps souple et fin s’était peu à peu épaissi, il avait enflé en même temps que son ego, se remplissant de toutes les fois où on le reconnaissait, » c’est lui, c’est Dorian…. »…mais ces petites phrases étaient généralement suivies par sa petite sœur « mais oui, vous savez, le chroniqueur mondain »… qui noircissaient son âme de cette encre médiocre où ses mots étaient imprimés.
Seule la photo qui illustrait sa chronique ne changeait pas, mais il était le seul à y reconnaître encore le portrait de Dorian Gray.
Où lire Le Châ
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jeudi 29 juillet 2010
Le jeudi 29 juillet 2010 à 22:41 :: Le corps de l'écrivain
Le corps de l’écrivain avait été retrouvé dans la position exacte où il se trouvait la majeure partie du temps : assis dans son fauteuil de bureau. C’est son bras, pendant mollement le long de son corps, qui a incité sa femme de ménage à entrer. Elle le pensait endormi et le découvrit mort, un trou sanguinolent à la tempe, la pâleur de son teint ne laissant que peu de doutes quant à son état. Celui qui était unanimement reconnu par la critique, par ses pairs, mais aussi et surtout par le public comme le plus grand romancier de tous les temps s’était donné la mort en pleine gloire.
Rapidement informée, la presse ne manqua pas de se perdre en conjectures, mais comment expliquer ce geste ? Certes le succès peut monter à la tête, mais l’écrivain était un homme raisonnable et posé, quadragénaire épanoui, marié et heureux en ménage, riche, mais dans les limites du raisonnable – il ne vendait jamais que des livres, ce n’était pas une rock star – et surtout, la veille encore il exposait à son agent sa nouvelle idée et préparait, avant de se remettre au travail, un voyage avec son épouse.
Non, vraiment, personne n’arrivait à comprendre comment celui que l’on nommait « Le Maître du Noir » et qui savait faire frémir et blêmir avec élégance et un talent inimitable avait pu en arriver là. Il fallut attendre que le corps soit enfin déplacé pour en avoir enfin l’explication. Sous sa main qui tenait encore le pistolet se trouvait, taché de sang, un journal sur lequel il avait annoté : « il ne me reste rien à imaginer ». Entouré, souligné et marqué de trois gros points d’exclamation, ce titre : « Une femme mise en examen pour huit infanticides. »
Le carnet où lire Poupoune
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Le jeudi 29 juillet 2010 à 18:59 :: Le corps de l'écrivain
En cette fin d’année, je voudrais dédier ce petit poème à ceux et celles qui excellent sur les Impromptus.
J’aurais pu remplacer "livre" par "texte".
Bonnes vacances à tous !
Qu’il soit malingre ou bien portant
Cela ne m’importe pas tant.
Lui ou elle guide mes pas
Et dans ses fictions pas à pas
J’entre, je m’installe et me repose
Réfléchis, partage ou explose
Toute l’émotion qu’il me donne
Chastement, je m’y abandonne,
Et les mots me font oublier
Que le corps à l’esprit est lié
Car je n’ai besoin pour en jouir
Qu’à ouvrir son livre et le lire
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Le jeudi 29 juillet 2010 à 16:12 :: Le corps de l'écrivain
Le corps de l’écrivain c’est d’abord une jolie peau lisse, bien choisie…
Une, qui, sur les mots, l’empêche de trébucher. Une qui ne le rende pas Ver d’anathème.
Qu’il romance ou écrive son courrier ou rêve de Broadway.
Le matin au dépliage du Times après avoir travaillé à son nouveau roman, en écoutant l’ Aria L de Bach, relisant des Baskerville les chiens, qu’il trouvait comique mais sans plus, avant de s’envoler avec il signore Bodoni vers Berlin, pour y voir une expo du century consacrée au Bahaus, grâce à l’Algerian air lines, il s’offrait un Estrangelo Odessa, à base de vodka qu’il avait bu pour la première fois hôtel Estellar à Cuba ou bien un Eras Bold bien tassé ou bien encore un Cooper Black. Au choix !
Ensuite, dressé sur sa bécane Elephant, il filait, traversant la Franklin Gothic avenue, vers l’aéroport Garamond, Georgia dans les écouteurs.
Dans sa valise Gill sans ultra bold condensed, l’essentiel : Un petit Robert.
Il sourit devant l’immeuble Haettenschweiler là où il avait écrit son premier book : Antiqua, et laissa derrière lui le musée Harrington. En vrai, il avait hâte de constater l’impact du prochain et de descendre un juice de passiflore au Latha, le bar de l’aéroport. Le fruit de la passion était la boisson préférée de Lucida Bright avec qui il avait rendez vous. Partiraient-ils un jour tous les deux vers Tahoma ?
En attendant, ç’allait être encore une belle journée. Une journée qui raavi, une journée à perdre son wide latin.
Une journée d’écrivain.
Où lire Chri
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Le jeudi 29 juillet 2010 à 14:35 :: Le corps de l'écrivain
La pièce était étroite et enfumée. Dans un coin un petit piano droit. Dessus, une clarinette au bois noir usé. Un jour bleu tombait d’une ouverture ménagée dans le plafond, inexplicablement.
- Qu’est-ce qu’on fout là ? Murmura Dalban.
- Sais-pas. Et vous, vous savez ?
Le silence reprit ses droits.
Yaddo se leva. Sa longue silhouette musclée et sa chevelure bleue firent sourire le commissaire Pacôme.
- C’est la mode sur Luxcity cette année ?
L’espion intergalactique le regarda étonné :
- Comment connaissez-vous Luxcity, commissaire ?
- Nous avons les mêmes origines, mon vieux. Ce que vous savez, je le sais. Ce que j’ai vécu, vous l’avez aussi vécu. Comme tous ici.
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Le jeudi 29 juillet 2010 à 14:00 :: Le corps de l'écrivain
L'avons-nous tout bien travaillé, le joli cuir ?
D'un bout à l'autre de la chaîne élémentaire
chacune à son métier avec son savoir-faire
n'aura pas épargné sa peine pour finir
La louve nourricière aura donné son lait
chargé aux goûts divers des terres plantureuses
et propre à satisfaire une faim curieuse
que rien d'âpre ou d'amer ne gâcherait jamais
Le souffle du marin aura tendu sa peau
résistante aux embruns qui rongent mieux la corde
que le rire assassin des vilaines discordes
tombe sur le chemin, poussière dans son dos
Le sang d'anciens volcans alimente sa chair
et la danse de Pan anime cette allure
que lui reconnaîtront les ombres sur le mur
quand il aura quitté de l'antre le couvert
La fraîcheur de sa voix aura l'accent aigu
qui siffle par les bois la proche résurgence
d'une source oubliée sur les routes d'errance
quand il aura chanté son cantique impromptu
Voyez, mes sœurs chéries, le beau cuir ouvragé
venu jouer sa partie dans le concert des êtres
et comme prennent vie par la magie des lettres
nos dons d'immémoriale invisibilité
Où rencontrer l'auteur
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Le jeudi 29 juillet 2010 à 10:52 :: Le corps de l'écrivain
Avant on pouvait le reconnaître facilement, suffisait de regarder les mains et de voir les tâches d’encre devenues indélébiles, de remarquer l’empreinte du stylo ou du feutre sur le majeur. Cela faisait un petit creux dans les chairs, le doigt n’était plus droit.
Maintenant avec l’usage de l’ordinateur, pour reconnaître le corps d’un écrivain, il faut s’aventurer dans d’autres espaces, scruter le visage pour y déceler les heures de travail accrochées aux cernes, observer la courbure d’un dos penché sur le clavier, remarquer la mèche de cheveux tortillée, elle garde son pli suspendu en l’air... Mais tout ceci n’est qu’apparence.
Le corps de l’écrivain se découvre de l’intérieur. Il suspend son souffle à la recherche d’un mot, ses entrailles se nouent et se dénouent au fil des pages noircies, il gémit d’impatience à force de fouler les paysages et les temps, il voudrait respirer l’air du large. Le corps de l’écrivain se fait silence quand les doigts dansent sur le clavier, il est en mode veille. Il attend son heure, sa récréation, le moment où le propriétaire du corps va se décider à se lever, faire quelques pas, sortir dehors, poser son regard ailleurs, sur la vie, les gens. Alors le corps se déroule, foule ses pas, se prend à rêver qu’il s’émoustille, court dans les champs, roule dans l’herbe, rit à gorge déployée, embrasse le soleil, jubile de la beauté d’être. La récréation terminée, le corps reprend sa place derrière le clavier, tout ragaillardi de cette escapade, l’écrivain voit son inspiration revenir, il se réconforte, se prend à rêver au jour où il sera reconnu, les mots chantent dans la tête, frissonnent le long de ses bras et dansent à nouveau sur les touches.
Où lire Lautreje
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Le jeudi 29 juillet 2010 à 08:13 :: Le corps de l'écrivain
Cher Monsieur, cher Ecrivain
Peut-être trouverez-vous ma démarche surprenante. Voire audacieuse. C’est en vous voyant, hier, à la télévision, vous qui jusqu’à présent aviez refusé toute apparition en public, que j’ose. Ma main tremble en écrivant ces lignes. Tout mon corps tressaille et je rougis de mon audace. Depuis des années je vous lis, Monsieur. Je peux réciter toute votre bibliographie, nommer tous les héros de vos romans, préciser tous les détails des intrigues et disserter, pendant des heures, dans les cercles de lecture que je fréquente, sur votre style.
Et voici que, depuis hier, je sais à quoi vous ressemblez. J’ai vu votre tête, cette chevelure souple irisée aux tempes, votre torse fier, votre carrure impressionnante, les yeux gris, les fines ridules au coin des yeux. J’ai frémi au son de votre voix chaude et sensuelle et détesté cette petite journaliste nigaude qui vous interrogeait avec un timbre de rate en couche.
Je revois vos mains, si douces et si fermes à la fois. Je devine en frémissant, les jambes puissantes qui vous soutiennent. La force des reins. La puissance de l’homme. Et je n’ose imaginer le reste.
Vous aviez conquis mon âme de votre plume. Votre corps désormais me subjugue et m’étourdit. Vous peuplez mes nuits. Je vous invoque dans mes rêves les plus fous, moi, la femme mariée, mère, membre du Rotary club, je ne me reconnais plus.
Je vous laisse mon numéro de téléphone. Appelez moi. Je viendrai où vous me direz. Vous ferez de moi ce que vous voulez.
Bien à vous. Je suis à vous
Marie-Chantal
PS - c’est la première fois que j’agis ainsi.
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Le jeudi 29 juillet 2010 à 08:05 :: Le corps de l'écrivain
corpus ecrivani
Ses pieds le portent en des lieux improbables. Il papillonne et chasse au filet les trouvailles de ses prochains écrits.
Aussi, ses jambes le transportent, elles sont les vigoureuses compagnes des voyages richement incertains.
Quant au bassin d'écrivain il est souvent prolifique en inspirations secrètes de scénarii de vie.
Lorsqu'il s'expose au soleil, le torse de l'écrivain peut devenir brûlant à faire griller un toast. C'est à ce moment là qu'il recharge sa batterie créatrice...Mais que deviennent les idées engendrées? Pour donner vie aux formules l'écrivain a ses bras ouvriers qui transforment les ondes en mouvements subtils composant les mots.
La tête de l'écrivain est hirsutement saint germain des prés. Dans son cerveau bouillonnent les images recueillies, en une mixture sublime savamment agencée.
Les yeux de l'écrivain regardent sondent enregistrent... jugent.
Roman à l'eau de rose, policier noir foncé, essai sur les poteaux, et même... des idées à contre courant de la pensée unique ....Les genres produits par l'écrivain se mélangent.
Mélange détonant dont il faut anticiper les effets néfastes.
Les morceaux du corps de l'écrivain sont rassemblés autour de la scie qui refroidit. Il ne reste plus qu'à effacer les dernières petites trainées rouges sur le carrelage....L'autodafé est presque consumé.
La place est bientôt nette .
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Le jeudi 29 juillet 2010 à 07:58 :: Le corps de l'écrivain
De son corps l'écrivain est l'orgueilleux vassal
Jurant foi et hommage au clair de ses délires
Son oeuvre tient lieu d'aveu et de dénombrement
Corvéable en son fief sa parole est comptée
De l'aube au glas sombre quand flanche l'homme lige
Ni tout à fait libre ni captif et soumis
Rien qu'apostat du verbe et de sa chair sceptique
Linceul d'indigence d'où naissent admirables
Et croissent sublimes des trépas salvateurs
Où lire Café Byblos
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